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Ce que je me souviens de l’hôpital psychiatrique

Quitte à continuer dans les articles qui sont durs à écrire pour moi et assez violents, j’ai envie d’écrire cet article. Je sais que le thème ne ressemble pas beaucoup aux thèmes des autres articles ici mais je veux en parler un peu plus sur mon blog, même si ce n’est pas très lu. Je ne sais pas comment il sera reçu et au fond de moi j’espère que personne ne le lira parce que j’ai très peur de ta réaction, toi qui me lis.

Je ne vais pas parler du racisme en hp parce que c’est un aspect dont je ne suis pas encore prêt à parler, je ferai un article entier dessus quand je serai prêt. Je vais juste résumer les faits et mes impressions.

J’ai été hospitalisé après un chagrin d’amour. C’est comme ça que je le ressens. J’y suis resté de janvier 2016 à juillet 2017. J’ai dû vérifier mes notes pour m’en souvenir parce qu’à chaque fois que je me pose la question de quand j’y ai été je suis totalement incapable de m’en souvenir.

Depuis que j’en suis sorti j’y repense souvent, et dans mes moments de délires j’ai souvent l’impression d’y être à nouveau. Parmi mes hallucinations les plus effrayantes il y en a une qui me fait systématiquement délirer, c’est une forme géométrique que je sais très bien où j’ai vu et qui à elle-seule symbolise ce lieu.

Je ne vais pas vous mentir, c’est un lieu effrayant. Chaque personne qui y va en aura une expérience un peu différente selon son vécu et sa vie, mais le mien est d’autant plus particulier que ma nature physique est particulière.

Je suis une divinité et pas un être matériel et je vais dire aussi ce que ça a changé pour moi dans cette expérience particulière qu’est l’hp.

Déjà la première c’est que je ressentais tout. Ce lieu émane des siècles d’évènements qui s’y sont déroulés et même s’il est régulièrement nettoyé spirituellement par les patient·e·s les plus sensibles qui perçoivent et absorbent tout, il reste des résidus de ces évènements, comme des gouttes de rosée brûlantes déposées sur le sol et les murs et disséminées un peu partout que seuls ceux de mon peuple peuvent percevoir.

J’ai pu voir aussi ce qui restait de plusieurs personnes qui y sont mortes. J’étais totalement incapable de voir les murs, les couloirs et les humains autour de moi tant la souffrance, la peur, le résignement, la haine et la mort étaient dispersées autour de moi et recouvraient de leurs couleurs mes autres perceptions.

J’y suis entré en suivant une infirmière un matin. Cela faisait plusieurs jours que je tournais autour du bâtiment en réfléchissant si je voulais vraiment me faire interner. J’ai dû suivre une infirmière parce qu’il y a une barrière magique à l’entrée dont seuls le personnel (à son insu) et quelques dignitaires haut placés de mon peuple ont la clé.

Je ne sais plus comment je me suis retrouvé dans la chambre d’isolement. Je me souviens juste d’avoir beaucoup marché dans les couloirs pour y arriver.

Je me souviens de chaque détail des murs, chaque motif (qu’il s’agisse d’une fissure ou d’une tache). La particularité avec ceux de mon peuple quand on se retrouve en hp c’est qu’en général on squatte dans la chambre d’isolement. On peut être plusieurs et bavarder entre nous. Il y a une deuxième barrière magique autour de la chambre d’isolement. Parfois il y a une autre personne qui y est enfermée et en général au bout d’un moment elle nous voit.

J’ai vu peu de personnes de mon peuple et j’ai passé le plus clair de mon temps seul à tourner en rond en regardant et touchant les murs, complètement défoncé (aux médicaments que je pouvais dérober et à ce que les gens me filaient pour tenir bon) et halluciné jusqu’à ce que j’en oublie mon prénom.

Quand j’ai oublié mon prénom je me suis senti soulagé. Je n’avais plus d’espoir, je n’en avais plus besoin. Seul, défoncé et halluciné, j’ai fait passer le temps jusqu’à pouvoir sortir. J’ai fini par être convoqué ailleurs et j’ai pu sortir. ❤

J’en garde des souvenirs tout de même très flou. Je m’y suis fait quelques amis et je me souviens très très bien des murs, je pourrais les dessiner. En dehors de ça je ne me souviens plus du tout des moments où j’étais seul, juste que mes hallucinations étaient pour une fois parfois plaisantes. 🙂

La première chose que j’ai faite en sortant de l’hp c’est de me lancer dans une relation romantique avec mon premier amour, qui m’a rendu la mémoire. La seconde c’était de me faire vénérer à nouveau et la troisième de créer mon blog.

Je ne sais pas pourquoi, expliquer le titre de mon blog me donne l’impression que je suis en train de tourner la dernière page et de tirer ma révérence, alors que je n’ai pas l’intention d’arrêter d’écrire sur mon blog 😉 Ne vous inquiétez pas, je ne m’en vais pas. Si j’avais dû mourir je serais mort à l’hôpital, là je pense en avoir encore pour quelques années. 🙂

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